Aller au contenu

TP et projets#

Localisation, cartographie et mobilité

0

Débat Faut-il laisser la géolocalisation de son téléphone activée en permanence ?#

service ou surveillance ?

Durée : 50 min

Consignes

  • En classe entière. Les rôles sont tirés au sort : vous défendrez peut-être une position qui n’est pas la vôtre, c’est un excellent entraînement.

  • Chaque argument s’appuie sur un document ci-dessous ou sur le cours. Préparation sans IA ni recherche en ligne.

  • Avant de commencer, notez sur votre cahier votre position de départ : oui, non ou je ne sais pas.

Rappel du cours. Votre téléphone se localise grâce aux satellites (GPS, Galileo… : le GNSS), mais aussi grâce aux antennes-relais et aux réseaux Wi-Fi. Chaque position est une donnée personnelle, et l’accumulation de positions laisse des traces. Les réglages permettent de choisir, pour chaque application, « toujours », « seulement pendant l’utilisation » ou « jamais ». Laisser la localisation allumée en permanence : un service utile, ou une surveillance acceptée ?

Les deux camps

Groupe POUR — oui : les services rendus valent bien de laisser la localisation activée en permanence.
Groupe CONTRE — non : la localisation ne doit être activée que lorsqu’on en a vraiment besoin.

Les documents

Document 1 — Ce que la position rend possible

Calculer un itinéraire, connaître le trafic en temps réel ou la météo du quartier, retrouver un téléphone perdu ou volé, partager sa position lors d’un trajet de nuit : beaucoup de services reposent sur la localisation. Elle peut aussi sauver des vies : depuis 2018, les nouveaux modèles de voitures vendus dans l’Union européenne ont le système eCall, qui, en cas d’accident grave, appelle le 112 et transmet la position du véhicule aux secours.

À retenir : la position rend des services, jusqu’à guider les secours.

Source : règlement (UE) 2015/758 du 29 avril 2015 relatif au système eCall.

Document 2 — Quatre points suffisent

En 2013, des chercheurs du MIT (États-Unis) et de l’université de Louvain (Belgique) ont étudié 15 mois de données de téléphonie mobile concernant 1,5 million de personnes, sans aucun nom. Il suffisait de connaître 4 lieux et heures approximatifs où une personne s’était trouvée pour l’identifier dans 95 % des cas. Vos trajets sont comme une empreinte digitale : domicile, lycée, club de sport…

À retenir : quelques positions, même sans nom, suffisent à identifier une personne.

Source : Y.-A. de Montjoye et al., « Unique in the Crowd: The privacy bounds of human mobility », Scientific Reports, 2013.

Document 3 — La carte qui en disait trop

En novembre 2017, l’application sportive Strava publie une carte mondiale des parcours enregistrés par le GPS de ses utilisateurs, sans aucun nom. En janvier 2018, des analystes y repèrent, dans des régions presque désertes, des tracés de course réguliers autour de bases militaires, dont certaines n’étaient pas censées être connues. En août 2018, l’armée américaine a restreint la géolocalisation des appareils de ses soldats en zone d’opération.

À retenir : accumulées, des positions anonymes peuvent révéler des lieux sensibles.

Source : presse internationale, janvier 2018 ; département de la Défense des États-Unis, août 2018.

Document 4 — Ce que dit la loi, ce que l’on choisit

La position est une donnée personnelle : une application doit dire pourquoi elle la collecte, ne garder que le nécessaire et, en général, demander votre accord (RGPD et CNIL en France ; loi n° 1.565 et APDP à Monaco). Mais si vous avez répondu « toujours », la position peut être enregistrée en continu, même quand vous n’utilisez pas l’application. La plupart des téléphones récents permettent aussi de n’accorder qu’une position approximative.

À retenir : la loi encadre, mais ce sont vos réglages qui décident.

Source : RGPD ; loi monégasque n° 1.565 du 3 décembre 2024 ; réglages de localisation d’Android et d’iOS.

Rôles, déroulé minuté, règles de prise de parole et trace écrite : voir la page « Méthode : débattre ».

Tableau d’arguments

Recopier ce tableau sur le cahier et le compléter pendant le débat.

Argument POUR (oui) Doc. Argument CONTRE (non) Doc.
… …

Trace écrite finale (individuelle)

Sur le cahier, notez votre position après le débat (oui, non, je ne sais toujours pas) et si vous avez changé d’avis. Puis, en trois à cinq lignes, justifiez-la avec vos deux meilleurs arguments, dont un argument de l’autre camp que vous trouvez solide (avec le document qui l’appuie).

Corrigé de l'activité

À lire après le débat. Ces éléments de réponse servent à vérifier et à compléter votre trace écrite : les lire avant le débat lui ôterait son intérêt.

Notions du cours mobilisées

  • Latitude, longitude ; GPS / GNSS (Galileo…) et localisation assistée (antennes-relais, Wi-Fi).

  • Cartes numériques et calcul d’itinéraire : services qui ont besoin de la position.

  • Traces de localisation, métadonnées EXIF des photos (coordonnées GPS).

  • Données personnelles, RGPD et CNIL ; loi n° 1.565 et APDP à Monaco ; réglages « toujours / pendant l’utilisation / jamais ».

  • Sobriété (partie « Localisation et environnement ») : la localisation permanente consomme batterie et données.

Arguments attendus

POUR (oui) : toujours activée CONTRE (non) : seulement quand c’est utile
  • Sécurité : appel aux secours avec la position, partage de position lors d’un trajet de nuit (doc. 1) ; l’eCall montre l’intérêt de la position pour les secours, même s’il est intégré à la voiture et non au téléphone.

  • Retrouver un téléphone perdu ou volé : impossible si la localisation est coupée (doc. 1).

  • Confort : itinéraires, trafic en temps réel, météo locale, sans rien régler (doc. 1, cours).

  • La loi protège : but précis, droits d’accès et d’effacement, autorités de contrôle (doc. 4).

  • On garde la main : position approximative, choix application par application (doc. 4, cours).

  • Intérêt collectif : les positions agrégées servent à calculer l’état du trafic pour tous.

  • Quatre points suffisent à identifier quelqu’un, même sans nom (doc. 2).

  • L’anonymat ne protège pas : la carte Strava a révélé des lieux secrets (doc. 3).

  • Les traces révèlent une vie : domicile, lycée, habitudes (cours).

  • « Toujours » = enregistrement en continu, même sans utiliser l’application (doc. 4).

  • Les services fonctionnent quand même avec « pendant l’utilisation » : itinéraire, météo (cours).

  • Sobriété : batterie et données consommées en permanence (cours).

Arguments de l’autre camp souvent jugés solides dans la trace écrite : un élève POUR retient souvent « des positions sans nom suffisent à retrouver quelqu’un » ; un élève CONTRE, « en cas d’accident ou de perte, la localisation peut vraiment aider ».

Questions de relance (pour le modérateur)

  1. Quelles applications ont vraiment besoin de votre position en permanence ? Lesquelles seulement pendant l’utilisation ?

  2. Si un service utile ne fonctionne qu’avec « toujours », que faites-vous ?

  3. Le doc. 2 parle de données sans nom : pourquoi cela ne suffit-il pas à protéger ?

  4. Les données de position agrégées (trafic, affluence) : utiles à tous, ou risquées pour chacun ?

Synthèse possible

La localisation rend de vrais services (itinéraires, secours, objet perdu). Mais chaque position est une donnée personnelle, et leur accumulation trace notre vie : quatre points suffisent souvent à identifier une personne, même dans des données sans nom. La loi (RGPD ; loi n° 1.565 et APDP à Monaco) impose un but précis et donne des droits, et les téléphones permettent de choisir, application par application, « toujours », « pendant l’utilisation » ou « jamais », et une position approximative. Garder la main, c’est n’accorder la position qu’au service qui en a besoin, quand il en a besoin.

Corrigé de l'activité

À lire après le débat. Ces éléments de réponse servent à vérifier et à compléter votre trace écrite : les lire avant le débat lui ôterait son intérêt.

Notions du cours mobilisées

  • Latitude, longitude ; GPS / GNSS (Galileo…) et localisation assistée (antennes-relais, Wi-Fi).

  • Cartes numériques et calcul d’itinéraire : services qui ont besoin de la position.

  • Traces de localisation, métadonnées EXIF des photos (coordonnées GPS).

  • Données personnelles, RGPD et CNIL ; loi n° 1.565 et APDP à Monaco ; réglages « toujours / pendant l’utilisation / jamais ».

  • Sobriété (partie « Localisation et environnement ») : la localisation permanente consomme batterie et données.

Arguments attendus

POUR (oui) : toujours activée CONTRE (non) : seulement quand c’est utile
  • Sécurité : appel aux secours avec la position, partage de position lors d’un trajet de nuit (doc. 1) ; l’eCall montre l’intérêt de la position pour les secours, même s’il est intégré à la voiture et non au téléphone.

  • Retrouver un téléphone perdu ou volé : impossible si la localisation est coupée (doc. 1).

  • Confort : itinéraires, trafic en temps réel, météo locale, sans rien régler (doc. 1, cours).

  • La loi protège : but précis, droits d’accès et d’effacement, autorités de contrôle (doc. 4).

  • On garde la main : position approximative, choix application par application (doc. 4, cours).

  • Intérêt collectif : les positions agrégées servent à calculer l’état du trafic pour tous.

  • Quatre points suffisent à identifier quelqu’un, même sans nom (doc. 2).

  • L’anonymat ne protège pas : la carte Strava a révélé des lieux secrets (doc. 3).

  • Les traces révèlent une vie : domicile, lycée, habitudes (cours).

  • « Toujours » = enregistrement en continu, même sans utiliser l’application (doc. 4).

  • Les services fonctionnent quand même avec « pendant l’utilisation » : itinéraire, météo (cours).

  • Sobriété : batterie et données consommées en permanence (cours).

Arguments de l’autre camp souvent jugés solides dans la trace écrite : un élève POUR retient souvent « des positions sans nom suffisent à retrouver quelqu’un » ; un élève CONTRE, « en cas d’accident ou de perte, la localisation peut vraiment aider ».

Questions de relance (pour le modérateur)

  1. Quelles applications ont vraiment besoin de votre position en permanence ? Lesquelles seulement pendant l’utilisation ?

  2. Si un service utile ne fonctionne qu’avec « toujours », que faites-vous ?

  3. Le doc. 2 parle de données sans nom : pourquoi cela ne suffit-il pas à protéger ?

  4. Les données de position agrégées (trafic, affluence) : utiles à tous, ou risquées pour chacun ?

Synthèse possible

La localisation rend de vrais services (itinéraires, secours, objet perdu). Mais chaque position est une donnée personnelle, et leur accumulation trace notre vie : quatre points suffisent souvent à identifier une personne, même dans des données sans nom. La loi (RGPD ; loi n° 1.565 et APDP à Monaco) impose un but précis et donne des droits, et les téléphones permettent de choisir, application par application, « toujours », « pendant l’utilisation » ou « jamais », et une position approximative. Garder la main, c’est n’accorder la position qu’au service qui en a besoin, quand il en a besoin.

Corrigé#

Corrigé

0